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4ème Safari Calédonien 1970

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28 Avr 2020 00:06 #6959 par indienestmonnom
indienestmonnom a créé le sujet : 4ème Safari Calédonien 1970
8 australiens, 1 anglais, 2 métropolitains et 38 calédoniens se retrouvent au départ du quatrième Safari Calédonien de 1970. Andrew Cowan, l’écossais vainqueur du Londres-Sydney de 1968, Jean-Claude Ogier et Lucette Pointet, Claude Laurent et son épouse, et les vétérans australiens Fred Logan, Doug Stewart, Bob Holden et Colin Bond, figurent parmi les personnalités internationales inscrites à l’épreuve.

Programmé pour le mois de janvier, le Safari est presque annulé à cause des fortes pluies qui ruinent les routes. L’administration est réticente à laisser les concurrents s’élancer, mais le Docteur Serge Chaubet, l’un des directeurs du Safari, réussit avec son insistance à le faire maintenir. Son itinéraire est cependant largement modifié. Ainsi, sur la côte Est, la portion entre Amoa et Houailou est supprimée car elle incluait le franchissement de 7 rivières devenues dangereuses.

45 voitures sont engagées. 36 dans la catégorie « sport » et 6 dans la catégorie « tourisme » (les amateurs et/ou débutants). Plus d’un tiers des concurrents abandonnent, seules 20 voitures de la catégorie « sport » atteignent l’arrivée. Plusieurs accidents ont lieu, dont celui de la Citroën DS21 de Daniel Scornet et la Peugeot 504 n°27 de Marc Dinh, toutes les deux après l’éclatement d’un pneu. Pour la première fois dans l’histoire du rallye, des calédoniens sont victorieux : André Dang et Gaston Trany triomphent sur une Toyota Celica devant Auguste Taïeb et Victor Neugi sur DS21.

C’est l’occasion pour nous de revenir sur la carrière d’André Dang, une des personnalités majeures de la Nouvelle Calédonie.

En 1935, sa mère Nguyen Thi Binh est obligé de laisser ses trois premiers enfants en Indochine française lorsqu’elle décroche un contrat de travailleuse dans une mine de nickel à Koniambo, en Nouvelle Calédonie. Elle y rencontre son mari, Dang Van Nha, avec qui elle conçoit André. Elle porte le matricule A649, ce sont tous deux des « chân-dang » des « pieds liés », ils subissent régulièrement des coups de fouet…

André nait le 27 juillet 1936. Il a 18 mois quand son père décède d’un accident du travail mal soigné, et tandis que sa mère est affectée dans une mine de chrome, il est placé chez un couple de vietnamiens sans enfant, vivant à Nouméa, qui l’inscrivent à l’école et l’initient au commerce.

Entre 1942 et 1946, en pleine guerre du Pacifique, les américains installent une très importante base en Calédonie. Cette époque va propulser le territoire dans le XXème siècle. André fait ses premières armes en vendant des souvenirs bricolés et des morceaux de corail aux soldats, il en profite pour apprendre l’anglais.

Lorsque le contrat de sa mère prend fin en 1949, il revient vivre avec elle avec deux nouveaux frères et sœurs. Il travaille comme mécanicien, trouve un emploi à la fonderie de nickel de Doniambo, et il épouse Bui Thi En à 18 ans. 4 enfants seront issus de cette union. A la fin des années 50, il quitte la Calédonie pour Marseille et passe son diplôme d'ingénieur. Il obtient la nationalité française. La légende raconte que c’est en croisant du regard un magasin de chaussure « André » que l’idée de son prénom lui est venue…

De retour sur le territoire, il est embauché par Edouard Pentecost, grande figure du patronat calédonien, métis kanak, concessionnaire de plusieurs marques automobiles, dont Citroën, et qui possède aussi des mines de nickel, sur lesquelles il emmène souvent André, devenu directeur général du groupe. Il obtient rapidement le monopole de l’importation de Nissan et Toyota pour le Pacifique Sud et il devient l'un des meilleurs vendeurs de voitures japonaises dans la région en s’appuyant sur la demande des kanaks et des vietnamiens qui raffolent de ces tout-terrains.
C’est dans ce contexte qu’il participe aux Safaris calédoniens. Il est engagé dès la première édition de 1967 sur une Audi 100. Vainqueur de l’édition 1970, on le retrouve à nouveau sur la plus haute marche du podium en 1972 avec Jacky Déméné sur une Toyota Celica 1600…

Il rachète la concession Toyota en 1971, se diversifie dans l'importation de camions et de bateaux, et ouvre une station-service. Après avoir vendu une voiture à Jean-Marie Tjibaou, les deux hommes sympathisent et se retrouvent régulièrement pour échanger sur l’avenir de la Calédonie.

Au début des années 80, André Dang est accusé de financer la lutte pour l’indépendance des kanaks, il fait l’objet de menaces de mort. Ses bureaux sont saccagés, sa station-service est brulée. Il s’exile en Australie. Installé à Sydney, il devient le premier producteur de roses du continent et augmente sa fortune en revendant de vastes terrains défrichés. Pendant les vacances, il accueille les enfants Tjibaou dans son immense maison de la banlieue, mais il décide de rentrer en Calédonie après l’assassinat du Leader indépendantiste le 4 mai 1989.

En pleine crise du nickel, il est en effet sollicité par les kanaks de la Province Nord, qui viennent de racheter à Jacques Lafleur ses parts dans la Société Minière du Pacifique Sud (SMSP), laquelle ne possède que le droit d'exploiter des gisements pauvres. A partir de 1992, il rachète une grande quantité de vieilles mines afin d’exporter le minerai brut, à basse teneur, vers l'Asie où ses amis japonais lui ouvrent les portes des métallurgistes. Trois ans plus tard, la SMSP est devenue le leader mondial à l'exportation de minerai brut et elle rembourse ses emprunts.

C’est pendant les négociations sur la cession du massif de Koniambo à la Province Nord, qu’André Dang réussit à convaincre le géant canadien Falconbridge de nouer un partenariat avec la SMSP. Pour faire accepter le report du référendum d'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie aux kanaks indépendantistes, l’état français contraint en 1998 le métallurgiste français Eramet à échanger le site, dont on extrait un nickel à très forte teneur, contre une indemnisation de 670 millions d’euros et la mine de Poum (de bien moindre valeur). André Dang reçoit 8 % des actions de la SMSP. Il quitte ses fonctions de directeur en 1999 mais les retrouve en 2000.

En 2006, le groupe anglo-suisse Xstrata rachète Falconbridge et poursuit la construction de l'usine de Koniambo. André Dang s’associe avec le troisième sidérurgiste mondial, le sud-coréen Posco, pour traiter à Gwang-yang le minerai brut à faible teneur, dans une fonderie alimentée par la SMSP, des petits producteurs calédoniens, et même par la SLN ! En 2014, une série d'accords, économiques et politiques, menés par Dang permettent la construction d'une autre usine de traitement en Province Nord, Koniambo Nickel.

Si son patrimoine est aujourd’hui estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros, sa plus grande réussite réside certainement dans la gestion du site de Koniambo. Comme une revanche sur la misère, son immense talent de négociateur y sert son ambition profonde de bouleverser l’ordre établi. C’est là, dans le « camp des Tonkinois » de Koniambo, où étaient logés les mineurs immigrés d'Indochine, où il est né en 1936 et où est mort son père, que la vie d’André Dang retourne à sa source.





Auguste Taïb et Victor Neugi :


Bedas et Baldo :


Colin Bond et Georges Shepheard :


Gaüzère et Chaubet :








Monique Gaüzère, Jean-Pierre Leyeraud et Victor Neugi :


Richard Harris et Graham Lockie :


Equipage non identifié :

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